Troisième partie : 1968 à 1993

Pendant les années 70, le nombre de membres de l'Association a continué d'augmenter, les investissements provenant de la vente du livre de recettes, «Recettes du NB», ont donné un bon rendement, l'interprétation simultanée était dispensée lors des conférences annuelles et plus de 90 pour 100 des membres de l'Associaiton avaient un emploi à temps plein.

En 1973, le programme de formation de deux ans en économie domestique offert au collège de formation en éducation était remplacé par un baccalauréat de quatre ans d'éducation en Sciences Domestiques à l'Université du Nouveau-Brunswick. La province était forte maintenant de deux programmes universitaires en économie domestique, un en français et un en anglais, et en plus d’offrir des bourses d’études, l'Association offrait aux diplômées des deux établissements une carte de membre d'un an à titre gracieux.

En 1975, l'Association joignait ses forces avec l'Association des diététiciens et diététiciennes du Nouveau-Brunswick pour la tenue de sa conférence annuelle. Plus de 350 trousses de pré-inscription, en français et en anglais, était envoyées aux membres des deux associations de même qu'aux écoles du Nouveau-Brunswick comportant un département d'économie familiale.

L'année suivante, l'Association comptait 143 membres réguliers, 29 à titre gracieux et quatre membres honoraires. Il y avait 58 étudiants inscrits au baccalauréat en éducation au programme d'économie familiale à UNB et L'Université de Moncton comptait 117 étudiants de premier cycle et huit étudiants finissant en sciences domestiques.

Le registre d'emploi de l'Association a été aboli en 1976 à la recommandation de la présidente du comité, Margaret Demerson. Elle a fait cette suggestion dans son rapport annuel compte tenu que "... environ 99 % des membres de l'Association exerçaient déjà un emploi à temps plein et n'était pas à la recherche de travail..." La même année, l'Association acceptait de porter le montant de ces deux bourses à 800 $ chacune.

Le bulletin de l'Association de l'époque multipliait les rapports sur les activités des économistes familiales professionnelles dans l'ensemble de la province. En effet, on retrouvait des économistes familiales au sein des ministères de l'Agriculture, des Pêches et de l'Éducation, à la radio et dans la presse écrite, de même que dans le domaine de la prestation d'ateliers internes partout où le besoin s'en faisait sentir.

Au moment de la conférence annuelle tenue à Beresford en 1977, l'année même où l'école de sciences domestiques de l'Université de Moncton célébrait son dixième anniversaire, l'interprétation simultanée était devenue chose acquise aux réunions annuelles de l'Association. La constitution et les règlements avaient été traduits, publiés sous forme de livret et distribués aux membres, et il était annoncé à cette conférence que les cartes de membre seraient maintenant imprimées en anglais d'un côté et en français de l'autre.

La famille de Thelma Sewell avait établi une bourse en sa mémoire. À compter de 1978, la bourse en mémoire de Thelma Sewell serait "décernée annuellement à une diplômée du programme d'économie domestique du secondaire qui aspirerait à une formation universitaire dans le domaine de l'économie familiale". Le fonds créé serait administré par l'Association.

En 1978, l'Association célébrait son 60e anniversaire lors de l'assemblée annuelle qui s'est tenue à Fredericton sous le thème "Réflexion : Anticipation". En plus de la "rétrospective intéressante sur l'économie familiale", les membres ont pu se pencher sur le sujet de "La société de conservation". Una Abrahamson, une écrivaine canadienne, Aldéa Landry et Marcelle Mersereau faisaient partie des conférencières invitées à ce congrès.

L'année suivante à Edmundston, les membres de l'Association se sont réunis pour une conférence intitulée "Nos enfants". Parmi les conférencières, on pouvait noter une directrice de l'éducation spéciale, une pédiatre et une directrice de planification familiale, et on a abordé des sujets tels que l'abus à l'égard des enfants, le droit familial et le développement de l'enfant.

Les années 80 ont illustré ce que la présidente de l'Association en 1980, Marcelle Mersereau, avait indiqué dans son rapport comme étant un "nouveau départ" pour l'Association. En effet, l'Association élargissait son rôle au sein de la population et àl'étranger dans le domaine du service social. En 1980, l'Association adoptait des règlements spécifiques permettant la formation de sections locales dans le but de réaliser les objectifs établis dans sa constitution. La formation de sections locales donnerait à l'Association l'appui nécessaire au niveau communautaire, ce qui a contribué à en faire une plus forte organisation de professionnels.

La désignation de membre réservé a été ajoutée aux catégories existantes de membres actifs, à titre gracieux et honoraires, de façon à inclure parmi les membres actifs en bonne et dû forme des étudiants ou étuddiantes diplômées poursuivant des études à temps plein en économie familiale ou dans des domaines connexes, des économistes familiales travaillant moins de 10 heures par semaine ainsi que des économistes familiales à la retraite.

En 1981, on comptait 162 membres dans l'Association et dans les sections fondatrices à Moncton, Bathurst, dans le Nord-Ouest et àFredericton. L'Association a commencé à remplir un rôle de leadership dans le domaine de la nutrition lorsqu'elle s'est jointe à l'Association des diététistes du Nouveau-Brunswick pour coparrainer le Mois de la nutrition, remplaçant ainsi le gouvernement provincial.

Les membres de l'Association s'inquiétaient de plus en plus du fait que le système scolaire ne prenait pas suffisamment la responsabilité de l'éducation en matière de vie familiale. Un comité spécial était créé pour préparer un énoncé de position sur cette question, et les membres ont été invités à exprimer leurs vues et leurs inquiétudes.

En 1982, l'Association tenait une conférence conjointe avec l'Association des diététistes du Nouveau-Brunswick à Fredericton. Parmi les sujets prévus au programme de cette conférence intitulée : "C'est votre vie, prenez-la en charge", on peut noter le végétarisme, l'alimentation des enfants au Nouveau-Brunswick, la disponibilité d'aliments dans les écoles du Nouveau-Brunswick, de même que les séances de formation en assertivité. Cette année-là, l'Association comptait 187 membres, soit 99 de langue anglaise et 88 de langue française.

La même année, un Comité d'orientation au développement international était mis sur pied au sein de l'Association grâce àl'appui de l'Association canadienne d'économie familiale et àl'Agence canadienne de développement international en vue de sensibiliser le public au développement international. En 1983, l'Association communiquait ses inquiétudes au premier ministre concernant les réductions du gouvernement fédéral dans les postes d'économistes familiales en milieu rural. Cette même année, une représentante de l'Association assistait à la réunion de fondation de la Coalition en éducation, un groupe comprenant des représentants de 21 organisations provinciales et régionales intéressées au maintien de la qualité des services éducationnels au Nouveau-Brunswick. En mai 1984, l'Association présentait son mémoire intitulé "Éducation à la vie familiale" au ministre de l'Éducation, Clarence Cormier. Ce mémoire proposait l'inclusion d'un cours d'un an en vie familiale dans le programme d'études obligatoire au secondaire deuxième cycle au Nouveau-Brunswick.

Le travail du comité s'est poursuivi et les sections locales ont travaillé à appuyer les objectifs de l'Association. En mars 1985, la section de Moncton de l'Association parrainait une activité provinciale marquant la Journée mondiale de l'économie familiale, intitulée "Une célébration de notre identité". Cet été-là, les dossiers de l'Association étaient transférés aux Archives provinciales à Fredericton. À l'automne, le Comité de développement international de l'Association faisait venir deux économistes familiales du Sénégal au Nouveau-Brunswick pour lleur faire visiter la province et les économistes familiales dans leur milieu de travail. Par la suite, l'Association amorçait un projet de jumelage avec le Sénégal en 1986. Une cérémonie de jumelage officiel s'est tenue le 10 mai 1988.

Pendant la deuxième moitié de la décennie, l'Association a poursuivi son travail et a diversifié ses activités dans le domaine du service social. Dans le domaine de l'éducation, l'Association a continué de réclamer un cours de vie familiale obligatoire. Les membres de la direction ont rencontré la ministre de l'Éducation, Shirley Dysart, à cet effet. Depuis 1989, la vie familiale et le développement humain constituent l'une des trois options offertes tant en français qu'en anglais et sont crédités en vue du diplôme.

Dans le domaine de l'habitation, l'Association a travaillé de concert avec la Commission d'habitation du Nouveau-Brunswick à la mise en oeuvre d'un projet pilote intitulé "Programme de gestion et d'orientation humaine". Des économistes familiales professionnelles ont été engagées sous contrat pour dispenser ce programme.

L'Association s'inquiétait du fait que le niveau de revenu de la plupart des familles et personnes recevant de l'assistance sociale était insuffisant pour satisfaire leurs besoins essentiels en habitation, alimentation et habillement au Nouveau-Brunswick. Ces inquiétudes ont été exprimées au ministre de l'Aide au revenu. Au même moment, l'Association établissait des contacts avec le ministre d'État aux services à l'enfance, et son expertise en tant qu'organisation de professionnelles était reconnue.

Le 27 avril 1990, lors de la session du printemps de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, cette organisation de professionnelles, établie depuis 70 ans, était enregistrée. La santion royale était accordée à la Loi constituant l'Association du Nouveau-Brunswick pour l'économie familiale, accordant ses membres le droit exclusif du titre d'économiste familiale professionnelle, et le droit exclusif de pratiquer la profession d'économiste familiale tel que défini par la loi.

Le 1er mai 1990, l'Association modifiait son statut et se joignait à la Fédération canadienne des économistes familiales. En 1993, on note que 220 économistes familiales sont inscrites au Nouveau-Brunswick en tant qu'économistes familiales professionnelles. Depuis ses débuts, dans une salle de classe il y a 75 ans, jusqu'à son enregistrement, l'Association du Nouveau-Brunswick pour l'économie familiale a été une association de professionnelles dont l'expertise, le temps et l'énergie ont été consacrés localement, provincialement, nationalement et internationalement "à la promotion du bien-être des personne et des familles et au service de la vie familiale et communautaire”.

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